16.12.2006
Conte de Fées
Un ami me disait l'autre jour : "J'ai fait de la philosophie, de la psychologie, comment veux-tu que je crois en Dieu ?"
Ok...
Ces gens disent que Dieu, la prière, croire, la foi, les anges, les miracles etc... Ce sont des contes de fées qu'on raconte aux enfants pour les endormir mais qu'aucune équilibrée ne pourrait y croire. Ils ont l'esprit cartésien etc...
Bon, moi j'ai toujours eu horreur de ce genre de personne. J'ai pu vite comprendre que les gens qui pensaient comme ça, je me sentais, par ailleurs, mal à l'aise avec eux. Le mot qui convient c'est "haine". Je ressens de la haine pour ces gens-là, pas moins que ça...
Je ne pourrais pas dire que "je crois en Dieu". Précisément parce que j'ai été trop entourée par ces gens, ces "cartésiens" en question, les aigris quoi...
Mais aussi loin que je m'en souvienne, Dieu a toujours été avec moi. Ca c'est sûr.
Je suis quelqu'un qui prie, j'ai cette chance.
Et aujourd'hui, je saurai quoi répondre à ces gens-là, ces aigris de service :
Croire (ou penser) que l'on peut "mener" sa vie sans être guidé, croire que l'on peut toujours savoir bien agir vis-à-vis des autres sans être guidé, conseillé par moment, c'est ça le conte de fées... Croire que l'on est plus fort que le destin, au-dessus de tout ce qui est prêt à nous passer à la moulinette ; croire qu'on n'a pas besoin de cultiver sa flamme, sa foi, son espoir comme ce jardin si secret et si précieux ; eh bien, pour moi, c'est ça être naïf...
Passer un moment dans la semaine à méditer, prier, que ce soit n'importe où, chez soi, sur une plage, dans une église, une synagogue, une mosquée ou un temple, que ce soit seul ou tous ensembles mais simplement pour prendre le temps de réfléchir, se souvenir que l'on est rien face à ce si vaste monde mais qu'on a tant de choses à y faire, qu'on est minus mais si avide de faire, réaliser, créer, donner, recevoir, découvrir, contempler...
Prendre la parole pour dire ou écouter celui qui nous rappelle à l'amour, c'est comme ça que je me charge d'énergie pour ma journée, pour ma semaine, pour ma vie...
Vous me répondrez que tout ça peut se vivre sans passer par un cadre, une pratique religieuse et vous aurez raison. Une religion propose un cadre, tout un tas de trucs pour ça, bien rôdés depuis le temps mais cette voie n'est pas unique. Cependant ma question est : Comment vivez-vous votre spiritualité ? Comment vous vivez-vous spirituellement ?
En consommant, en regardant la télé ?...
Peut-être... Qui sait ?
Mais d'autres prient, respectez-les...
Cf. Texte de la chanson Nobody Knows Me de Madonna
Adèle
13:20 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Prier, prière





Commentaires
c'est Pascal et Kant qui doivent se marrer (a ton ami)
le final Madonna une philosophe? ;)
Ecrit par : captainwhat | 16.12.2006
Ah, je sens qu'on va bien s'entendre toi et moi...
1. Pascal, Kant et Madonna ont en commun de savoir lire donc de COMPRENDRE ce qu'ils lisent... En ce qui te concerne, j'ai des doutes...
2. Si, en fait, tu sais lire, je te propose de lire, en comprenant donc ce que tu lis, les paroles de cette chanson de Madonna et si tu as compris ce que j'ai écrit, si tu en as compris le SENS, peut-être que tu pourras faire le lien avec mon propos et les paroles de cette chanson.
3. Ne viens pas trop me faire chier, parce que je n'aime pas les cons.
4. Sur le web, il y a un contenu écrit qu'il s'agit de lire et non pas de voir...
OK ?
Adèle
Ecrit par : Adelejazz | 16.12.2006
J'ai conscience que l'apport que je souhaite apporter sur cette question est sans doute la plus complexe après la lecture de ton blog - qui, en passant, se lit comme l'on entend une musique ; c'est sans doute cela que la tonalité musicale veut dire… mais le solfège et moi c'est comme 1+1, ça fait 2. Non point que je redouterais une réponse cinglante comme celle à laquelle je succède. Non point, car il ne s'agit pas de plaire dès lors que l'on souhaite, autant que faire se peut, être sincère avec soi-même et avec l'autre.
J'ai, de plus, conscience que j'interviens après ta proposition, ce qui n'implique pas de déférence mais pour le moins une certaine révérence, dans une certaine politesse. Merci, donc tout d'abord de ce texte, de ce ton de voix, de cette étrange sentiment reçu entre une franchise et pourtant une pudeur de ton propos. N'existerait-il pas et celui que je prétends renvoyer comme une balle saisie au bond, n'existerait pas, ne serait pas, et le courage est toujours dans la prime proposition, le premier geste, la première parole. C'est le sens que j'énonce quand je parle de politesse : la paternité de ton propos fait référence. On ne répond pas à une initiative privée si l'on n'est pas en soi-même, en toute modestie, porteur de quelque chose à dire. Qu'ai-je à dire ?
Tout d'abord que je suis moi-même un enfant de la philosophie. Je ne sais si elle m'est apparue ou si je suis venu à elle, il y a fort longtemps à Strasbourg, déjà consacrée capitale européenne. Peu d'années et pourtant une forte écoute. Et le divin n'est pas une question qui fut éludée : interrogation formelle ou métaphysique, voire personnelle ? Aujourd'hui encore, je ne sais pas. Mais la question demeure, elle réside. Elle demeure et se vit, car la vie sans doute est-elle ce ressac, ce contexte de croisements entre soi et les autres où nous pourrions tant élever les sciences positives et repousser les rebouteux ou verser pourquoi pas dans je ne sais quel antre de Dieu ou du Diable pour satisfaire des assurances et avancer aveuglément.
Car nous recherchons la lumière ! Sa nature est diverse : cela pourrait être le "fiat lux" divin, la couche de brillance que le porteur de couleurs peint, cette fulgurance que la voix chantée offre à ceux qui l'écoutent, la musique et les notes qu'elles portent et que les musiciens, ces magiciens font naître comme des gouttes de pluies dont la destinée et de s'éteindre aussitôt tombées, la naissance d'un enfant, que sais-je encore ? : chercheurs de lumière, sommes-nous écartant cet aveuglement des chercheurs d'or, des El Dorado de l'ombre. Et dans cette quête infinie de sens que la lumière éclaire ou dépeint, il est vrai que nous ne sommes que porteurs de nos propres richesses. Cette chance que tu as de la trouver dans la prière et dans ce dialogue avec Dieu, d'autres la trouvent dans des chemins de traverses plus séculiers, voire agnostiques, non plus étranges mais faisant écho à cette résonance intérieure que nous cherchons dans l'ouverture au monde. C'est une foi commune, il me semble, elle prodigue l'écoute, force le respect et la conduite éthique, celle qui regarde le contenu du lendemain dans le temps présent qui nous est immédiatement donné et ne s'attarde pas à forger les poses hiératiques de nos définitions, celles qui nous figent et de feraient de nous des images votives, mortes avant d'exister. C'est une foi commune, et ton propos le renvoie explicitement, je l'entends. Mais alors comment en parler, comment la partager si elle est une valeur commune mais que les mots divisent, que les pratiques rendent exotique ?
Personnellement, j'entends ton propos, je l'entends comme l'écume des vagues qui s'échouent sur le bord d'une plage que l'on foule pieds nus. Tu sais, cette mousse, cette écume entre chien et loup, ni eau ni air ou peut-être les deux à la fois ! Je te rends ces sensations car elles sont là dans mes yeux et mes doigts n'ont qu'à déposer au rythme du clapotis des touches du clavier comme un battement de cœur, cet organe qu'éprouve l'effort quand l'escalade fait appel à lui pour trouver l'air, cette pureté qui nous manque dans les moments où c'est dur, où c'est pas facile. Ecrire c'est ouvrir un univers ! Ce serait une définition de la vie : vivre c'est écrire les pages de quelque chose qui serait comme, oui, un univers ! Tu demandais : "Comment vivez-vous cette spiritualité ?" Je la vis avec mes doigts et les mots m'y aident. Ce sont mes "contes de fées", mes rêves proustiens, ce que je veux vivre et rêver, rêver et vivre, sans relâche, comme des leitmotiv d'un romantisme éculé que l'écoute des autres nourrit et permet la prise de parole, parfois. Parfois seulement.
Comme tout à fin, ce mot aussi. Et le mot de la fin sera de te dire que je ne connais que fort peu la chanson de Madonna. Personne n'est parfait mais je me soigne !
Patrick
Ecrit par : Patrick | 25.04.2009
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