01.04.2009
Cher Serge,
Cher Serge,
Je veux d'abord te remercier infiniment pour ta disponibilité de ce midi. Merci encore d'abord pu venir chez mon grand-oncle pour jouer ces quelques morceaux pour ma grand-tante.
Pour commencer, c'est toujours un plaisir de te voir ! Et puis, ça a marché ! Ma grand-tante était contente. Je l'ai vu se défroisser, s'ouvrir, ouvrir ses yeux, se remuer un peu dans son fauteuil et même fredonner un vieux tube de sa jeunesse ! Applaudir. Elle m'a remerciée, elle m'a dit qu'elle était heureuse pour moi. J'ai été très touchée qu'elle me dise cela...
Je prends conscience à présent que ce petit spectacle a été l'occasion pour toute la maisonnée de s'animer un peu, de brouiller un peu les pistes du quotidien et quel quotidien en ce moment ! Ma grand-tante était sur son trente-et-un pour nous accueillir toi et moi. Et les gens qui l'aident tous les jours ont pu également profiter de ce petit intermède musical.
Je voulais te parler de ce que tu n'as pas vu. Lorsque je suis allée lui dire au revoir, elle était confortablement installée dans son fauteuil. Il y avait de beaux rayons de soleil qui lui tenaient chaud. Je l'ai embrassée et elle m'a jetée un regard complice. "Les yeux qui frisent" comme dit ma grand-mère. C'était plein d'humour, c'était enfantin, des milliers d'éclats de rire débordaient de ses yeux bleus. Mais surtout, c'était comme avant.... J'ai pu retrouver ma tante Ginette de toujours. Je voulais vous remercier, elle et toi, pour ça aussi, pour cette fraction de seconde éternelle qui danse devant mes yeux sans cesse à présent, pour ces rires que je tiens maintenant au bout de mon coeur. C'est la maladie qui s'en est prie un grand coup cette fois-là... Je sais à présent qu'elle n'est pas la plus forte. La plus forte, c'est ma tante Ginette et ses beaux yeux bleus ! Ce regard qui nous a tous toujours fascinés.
Je l'aime tellement cette femme...
Je t'embrasse
A bientôt.
Adèle
16:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grand-tante, maladie, musique, serge merlaud




